Fournir des services communautaires aux personnes handicapées pendant la pandémie de COVID-19 : une revue de la portée

Titre : Fournir des services communautaires aux personnes handicapées pendant la pandémie de COVID-19 : une revue de la portée

Objectif : Le but de l’étude est d’identifier la littérature scientifique qui examine comment les organismes communautaires et les municipalités ont adapté leurs services et ressources offerts aux personnes ayant des incapacités (PAI) à la suite de la pandémie de COVID-19. Ultimement, cela permettra de voir les défis associés à la pandémie, tout en faisant ressortir les bonnes pratiques.

Méthode : Une équipe de recherche multidisciplinaire (réadaptation, gérontologie, ingénierie) incluant sept co-auteurs, ayant de l’expérience dans la réalisation de revues de littérature, a collaboré à cette revue. Une revue de la portée a été menée en recherchant dans les différentes bases de données scientifiques en janvier 2021. Pour être incluses, les études devaient se concentrer sur les services communautaires et publics fournis aux personnes ayant un handicap physique ou cognitif et les services devaient avoir été adaptés en temps de pandémie (COVID-19). La sélection des études c’est fait par l’identification des études pertinentes, la sélection de ceux-ci en appliquant les critères de sélections aux titres et résumés puis à l’intégralité de l’étude et finalement lors de l’extraction des données. Ces étapes ont été réalisées indépendamment par deux co-auteurs pour limiter les erreurs humaines. Les désaccords ont été résolus par consensus ou par un troisième co-auteur plus expérimentés.

Résultats :

  • Sur 7 651 sources trouvées, 15 ont été incluses dans cette recherche.
  • 53% des études ont été menées aux États-Unis.
  • 68% des services et des ressources impliquaient une certaine forme de soins de santé préventifs (ex : soins à domicile) offerts par les organisations (ex : municipalités, organisations gouvernementales, etc.).
  • 60% de ces organisations offraient des services aux personnes âgées, 20% offraient des services aux individus ayant des déficiences intellectuelles, 7% étaient respectivement dédiées à toutes les personnes atteintes d’une incapacité, 7% aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson et 7% aux personnes ayant subi un AVC.
  • 53% ont rapporté que les services virtuels avaient été utiles, précieux et entraînaient une augmentation des compétences sociales, de la qualité de vie, etc.).
  • Selon 13% des études, ce processus de transition au virtuel a entraîné une augmentation de la charge de travail pour les gestionnaires
  • Et selon 7% des études, cela a eu un impact négatif sur la qualité des communications entre les organisations et leurs membres.
  • L’ensemble des études ont souligné avoir vécu des barrières lors de la transition, telles des difficultés technologiques, etc.
  • L’isolement ou le fait de vivre seul était également un obstacle à l’accès aux services signalé.
  • 80% des études ont reporté des éléments facilitants tels qu’une certaine flexibilité et planification à l’avance de la part des organisations.
  • Les résultats mettent en évidence que l’utilisation des services en ligne a augmenté depuis le début de la pandémie (COVID-19).

Conclusion : Les 15 articles retenus ont démontré comment les organismes communautaires et les municipalités se sont adaptés pour maintenir leur offre de services aux PAI malgré les mesures de distanciation sociale. L’offre de services en ligne a augmenté au cours de cette période avec des résultats précieux, incluant les différentes barrières et facilitateurs que les organisations ont pu vivre.

Ce que cet article ajoute à ce que l’on sait déjà sur ce sujet : Faits saillants

  • Quinze études (entre janvier 2021 et août 2021) ont présenté les adaptations que les organismes communautaires ou les municipalités ont dû faire pour offrir des services et des ressources aux personnes handicapées durant la pandémie de COVID-19.
  • Davantage d’études portaient sur les aînées que les autres populations.

Réflexion – Collecte de données sur la démence par Aislynn Sharrock

MAP-SWAN-SFU Réflexion – Collecte de données sur la démence Autrice : Aislynn Sharrock

Introduction

Cet article décrit mon expérience en tant qu’assistante de recherche de premier cycle dans le cadre du projet de recherche intitulé « The Stakeholder’s Walkability/Wheelability Audit in Neighbourhoods (SWAN) » dirigé par le Dr Atiya Mahmood au département de gérontologie de l’université Simon Fraser. Ce projet vise à donner aux personnes vivant avec des incapacités les moyens de plaider en faveur de communautés et de quartiers inclusifs en utilisant l’outil SWAN. L’outil SWAN facilite l’évaluation de certaines rues et intersections par des personnes ayant certaines incapacités, notamment des troubles cognitifs, de mobilité, d’audition et de vision. La version actuelle de l’outil SWAN a été adaptée aux personnes atteintes de démence ou de déficience cognitive légère (DCL) avec l’aide de certains partenaires, tels que la Société Alzheimer de Colombie-Britannique et la Disability Foundation, ainsi que des membres de comités consultatifs et des personnes ayant vécu l’expérience de la démence et de la DCL. Les données de recherche ont été recueillies auprès des participants qui ont répondu à une enquête sur les rues afin d’explorer les obstacles et les facteurs facilitant l’accessibilité. Cette enquête a été suivie d’un bref entretien visant à obtenir des informations sur l’expérience globale de chaque participant.

Avant de commencer le recrutement pour le volet démence et DCL, nous avons réalisé une session préliminaire de collecte de données avec un participant de la communauté afin d’identifier tout problème potentiel devant être résolu. Ce participant a accepté d’avoir un entretien de suivi avec moi (AS) pour discuter de son expérience avec notre projet, y compris le travail avec les assistants de recherche, ainsi que ses opinions et réflexions sur tout ce qui pourrait être amélioré pour de futurs projets de recherche impliquant des participants atteints de démence et de DCL. Ce participant avait déjà travaillé avec l’assistant de recherche principal du groupe démence, Kishore Seetharaman, un assistant de recherche diplômé de l’équipe ayant une grande expérience du travail avec des personnes souffrant de troubles cognitifs. Cela a facilité la compréhension du projet de recherche par le participant. En menant cet entretien de suivi, nous espérions respecter notre engagement en faveur d’une approche participative basée sur la communauté. Cet article présente les réflexions et les commentaires de notre participant à la collecte de données préliminaire, ainsi que mes réflexions personnelles en tant qu’assistant de recherche de premier cycle, qui a été étroitement impliqué dans la collecte de données auprès de la population atteinte de démence.

Réflexions personnelles

C’était la première fois que j’effectuais une collecte de données sur le terrain avec des personnes atteintes de démence et de DCL en utilisant l’outil SWAN. J’ai commencé par prendre des photos des caractéristiques de l’environnement bâti sur lesquelles le participant avait mis l’accent. J’ai complété l’outil SWAN en me basant sur ma perception de l’impact de l’environnement sur les personnes atteintes de démence et de DCL. Cela a permis de valider les observations de l’outil SWAN. Tous les assistants de recherche, y compris moi-même, ont été formés sur la manière de travailler avec des personnes vivant avec des incapacités dans différents contextes et situations. Cependant, j’ai reconnu que travailler avec des personnes souffrant de divers handicaps cognitifs pouvait nécessiter de la flexibilité et l’exercice d’un jugement de ma part selon de leurs capacités cognitives. Mon expérience antérieure avec des personnes âgées en tant qu’animatrice dans un programme de jour pour adultes m’a permis de réaliser à quel point j’aimais passer du temps avec elles et écouter leurs histoires et leurs expériences.

Même si j’étais quelque peu nerveuse à l’idée de récolter des données au sein de la communauté, en particulier dans des quartiers qui ne m’étaient pas familiers, j’ai été ravie d’acquérir de l’expérience dans ce contexte unique. Notre équipe a essayé de mettre en place des dispositions spécifiques pour mieux accueillir les participants atteints de démence et de DCL afin de rendre leur expérience aussi harmonieuse que possible tout au long du processus. Par exemple, les rappels par téléphone ou par courrier électronique avant le jour de la collecte des données étaient souvent adressés au proche aidant du participant, ces derniers ayant souvent besoin d’aide dans leurs tâches quotidiennes. En outre, nous avons tenté de simplifier la collecte des données avec nos participants en omettant les questions auxquelles les assistants de recherche pouvaient répondre à l’avance, comme celles qui demandaient si certaines caractéristiques de l’environnement bâti étaient présentes ou non. En outre, nous avons prêté attention à la formulation des questions à ce sous-groupe de participants, par exemple en évitant de commencer une question par « Vous souvenez-vous de… ? », et en disant plutôt quelque chose comme « Sur le segment précédent que nous avons parcouru, nous avons rencontré ces problèmes avec le passage pour piétons ; remarquez-vous ces problèmes ici aussi ? »

Nous avons également modifié notre protocole pour les participants atteints de démence et de MCI en leur demandant de choisir le lieu de la collecte des données. Il s’agit d’une méthode différente de la précédente, qui consistait à choisir des intersections prédéterminées dans une municipalité que le participant connaissait bien. L’autre méthode consistait à choisir des intersections très fréquentées que les partenaires et personnes ciblées signalent comme devant être évaluées, car l’environnement bâti présente plusieurs problèmes pour les personnes vivant avec diverses incapacités. Après réflexion, il aurait peut-être été utile d’aider les participants atteints de démence et de DCL à choisir une intersection présentant davantage de problèmes d’accessibilité afin de mieux utiliser toutes les questions de l’outil SWAN.

Je me souviens que bon nombre de nos participants à ce volet étaient accompagnés de leur proche aidant, souvent leur partenaire. Alors que notre protocole de collecte de données insistait sur le fait que les réponses devaient être fournies directement par les participants afin de saisir leur point de vue, nous avons remarqué que les participants se tournaient parfois vers leurs proches aidants pour obtenir des informations supplémentaires. Certains d’entre eux leur donnaient volontiers des indices lorsqu’ils remarquaient que le participant n’était pas sûr de la réponse à une question, tandis que d’autres essayaient d’amener le participant à se souvenir lui-même de l’information. Il était évident que les aidants connaissaient bien les habitudes des participants et étaient en mesure de fournir à notre équipe de recherche des réponses perspicaces, en particulier lors du bref entretien que nous avons mené avec le participant après avoir parcouru les segments. Dans de nombreux cas, les proches aidants de nos participants étaient également leurs partenaires de vie et étaient donc en mesure de raconter les expériences du participant. Par conséquent, le fait que seul le participant réponde ne semblait pas toujours applicable à un groupe de personnes atteintes de démence et de DCL.

Réflexion du participant

Une fois la collecte de données terminée avec les participants atteints de démence et de DCL, je me suis intéressée à l’expérience du participant-test en matière de collecte de données. J’ai donc planifié un entretien individuel avec l’un de nos participants. Le participant a soutenu la modification de notre protocole qui permettait aux participants atteints de démence et de DCL de choisir le quartier pour la collecte des données plutôt que de se rencontrer à une intersection prédéterminée qui leur était moins familière :

“Vous n’avez pas d’antécédents et vous ne pouvez donc pas dire ‘Voilà ce que j’ai vécu avec ça’ ou ‘Vous devez vraiment faire attention à ça’. En revanche, si vous vous trouvez à un carrefour inconnu, vous êtes tellement concentré sur l’endroit où vous marchez et sur le risque de trébuchement que vous ne voyez pas nécessairement ce qu’il y a d’autre autour de vous à commenter ».

Notre approche de la sélection des sites a eu comme conséquence que certaines des intersections choisies par les participants étaient dépourvues de feux de circulation, d’aménagements ou de passages pour piétons signalés puisqu’il s’agissait souvent de rues résidentielles familières proches de leur domicile. En outre, le participant a été surpris que l’évaluation ne soit pas plus longue et il a estimé qu’elle n’abordait peut-être pas complètement les problèmes d’accessibilité que les personnes visées par l’étude rencontrent dans leur communauté. Le participant a déclaré qu’il aurait préféré marcher plus loin dans son quartier pour recueillir davantage de données. À cet égard, nous aurions pu donner à nos participants atteints de démence la possibilité de marcher jusqu’à d’autres intersections de leur quartier susceptibles de les intéresser afin qu’ils puissent mettre en évidence d’autres problèmes qu’ils souhaiteraient nous communiquer. Le participant pensait qu’une grande partie du processus de collecte des données avait déjà été décidée avant de le rencontrer. Sur la base de ses commentaires, il semble que nous aurions eu intérêt à donner plus de choix à nos participants et à saluer leur initiative en ce qui concerne le nombre d’intersections que nous avons parcourues avec eux.

Conclusion

Nous avons terminé la collecte des données avec dix participants atteints de démence ou de MCI et nous tenons à remercier nos participants qui nous ont fourni des informations inestimables sur leurs expériences de navigation dans leur quartier et dans l’environnement bâti. Nous espérons que notre travail permettra d’apporter des changements positifs dans les municipalités de la région de Vancouver et au-delà pour les personnes ayant des incapacités.

Pour en apprendre plus à propos du projet SWAN: https://www.sfu.ca/swan-project.html

Co-Création du  » Knowledge and Raising Awareness on Disability Through Social Media » (« Connaissances et sensibilisation aux incapacités par les réseaux sociaux »)

Par Chikkako Famadico, Holly Lemme, Thomas Jenkins, et Atiya Mahmood

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Plus de 6,2 millions de canadiens de plus de 15 ans vivent avec une ou plusieurs incapacités (physiques, cognitives, sensorielles…). Parmi eux, 1,5 million de personnes ont besoin d’aides techniques à la mobilité pour se déplacer et prendre part à la vie sociale de leur collectivité (Statistique Canada, 2012; 2017). Une grande partie des canadiens vivant avec au moins une incapacité (environ 38 %) et 24 % des canadiens utilisant des aides et accessoires techniques pour la mobilité sont âgés de plus de 65 ans (Statistique Canada, 2017). La prévalence, la comorbidité et la gravité de l’incapacité augmentent avec l’âge: une personne âgée sur trois présente des incapacités évolutives. Les personnes âgées peuvent avoir des incapacités cognitives, sensorielles et des incapacités liées à la mobilité (Morris, 2019).

Le projet « Vers des communautés sans obstacle : Un partenariat visant à l’amélioration de la mobilité, de l’accessibilité, et la participation des personnes ayant des incapacités (MAP) » est un projet de sept ans, financé par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH). Ce projet, en collaboration avec la communauté (p. ex : personnes ayant une expérience vécue) et les partenaires civiques (p. ex : la Ville de New Westminster), œuvre à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation d’interventions novatrices pour améliorer la mobilité et la participation des personnes ayant des incapacités. L’objectif du projet MAP de l’Université Simon Fraser (SF) est de cerner les obstacles dans les environnements bâtis et sociaux qui entravent l’accès équitable à la participation et à la mobilité pour les personnes âgées et les personnes présentant des déficiences physiques, cognitives et sensorielles.

Two key research activities that are underway for the SFU MAP project include: Deux activités de recherche clés sont en cours pour le projet MAP de l’Université SF: (1) Le développement d’une adaptation de l’outil SWAN (Stakeholders Walkability/Wheelability Audit in Neighbourhoods) pour les personnes aveugles ou ayant une vision partielle, les personnes sourdes ou malentendantes et les personnes expérimentant les premiers stades de démence; 2) La création et la mise en œuvre d’un plan de communication efficace sur les réseaux sociaux afin de mobiliser le public, les partenaires et les intervenants. (2) creation and implementation of an effective social media communications plan to engage with the public, partners, and stakeholders.

Développement d’une adaptation de l’outil SWAN

La priorité du projet MAP de l’Université SF est le développement d’une adaptation de l’outil SWAN. L’outil SWAN est un outil d’audit environnemental dirigé par l’utilisateur qui permet aux personnes utilisant des aides techniques à la mobilité d’évaluer les obstacles à la mobilité et à la participation sociale dans leur environnement urbain. Les audits réalisés à l’aide de l’outil SWAN peuvent aider les concepteurs et les décisionnaires à améliorer l’accessibilité et l’inclusivité des espaces publics. L’outil SWAN est destiné aux citoyens plutôt qu’aux chercheurs. Ils l’utilisent pour évaluer cinq aspects principaux de leur quartier : la fonctionnalité, la sécurité, l’apparence et l’entretien, l’utilisation des terres et les dispositifs de support, ainsi que les aspects sociaux.

L’équipe du projet MAP de l’Université SF se concentre sur le développement d’adaptations de l’outil SWAN pour les personnes atteintes de démence ou de déficiences sensorielles (p. ex., vision diminuée et malentendants). Les nouveaux outils sont en cours d’élaboration par le biais d’une revue de la portée (scoping review), la récolte des commentaires de personnes ayant une expérience de déficience sensorielle ou cognitive, ainsi que d’une revue de la littérature sur les outils existants de vérification environnementale dirigée par les utilisateurs. La revue de littérature a révélé des lacunes concernant les informations spécifiques de la population (ex : l’expérience des personnes malentendantes en milieu urbain) et concernant les outils de vérification environnementale dirigés par les utilisateurs. Cela appuie la nécessité de mise en place de versions adaptées de l’outil SWAN, qui nous aideront à mieux comprendre les obstacles dans les quartiers et les facteurs qui facilitent la mobilité et la participation à l’extérieur du domicile pour les personnes ayant une déficience cognitive et sensorielle.

Les versions précédentes de l’outil SWAN utilisaient un format papier et crayon. L’équipe de recherche du projet MAP travaille avec Jose Arias-Bustamante de l’Université de Colombie-Britannique sur la mise au point de versions Web et mobiles des outils SWAN déjà existants, ainsi que des nouveaux, à l’aide de l’outil Qualtrics pour la collecte de données.

PLAN DE COMMUNICATION

L’un des éléments essentiels de la stratégie de mobilisation des connaissances (MC) du projet MAP de l’Université SF consiste à utiliser les réseaux sociaux pour mobiliser les principaux intervenants, le réseau universitaire de l’Université SF, le public, ainsi que les partenaires communautaires et municipaux. Les plateformes de réseaux sociaux et les services de réseautage (SNS de l’anglais : « social networking services ») sont des outils puissants qui peuvent diffuser instantanément de l’information et des connaissances à un large public. Il y a trois comportements clés propres aux réseaux sociaux: recherche de connaissances, apport de connaissances et interaction sociale, qui permettent que la mobilisation des connaissances soit facilement accessible au grand public (Ahmed et al., 2019). Les communications SNS sont essentielles au plan de communication du projet MAP de l’université SF, car elles constituent des outils inestimables pour connecter et informer instantanément les intervenants, les partenaires et le public à propos des activités du projet qui sont en cours. Le plan de communication du projet MAP de l’Université SF ciblera différentes plateformes afin de divulguer des mises à jour importantes sur la recherche, de sensibiliser, de diffuser de l’information et de la documentation sur les personnes présentant des incapacités. Chaque plateforme sera utilisée pour cibler différents groupes démographiques en fonction des tendances d’utilisation de la plateforme; Le public cible de Facebook sera des personnes d’âge moyen et âgées, tandis qu’Instagram ciblera des jeunes adultes et adolescents (Gambo et Özad, 2020). De plus, Twitter et LinkedIn, qui sont des sites populaires pour le developpement professionnel, le réseautage et l’auto-présentation (Kim et Cha, 2017), seront utilisés pour cibler les professionnels de la recherche et les universitaires. Facebook et Instagram sont les principales plateformes d’interaction sociale avec le public. Elles ont les plus grands réseaux et les utilisateurs les plus actifs à ce jour parmi les quatre SNS (Gambo & Özad, 2020). Ces deux SNS sont très intégrés et contiennent des caractéristiques qui favorisent un engagement riche de ses utilisateurs, comme les « stories », des mises en avant de certains contenus et l’accès à des liens externes (Ahmed et al., 2019; Thomas et al., 2020). L’équipe des communications prévoit donc tirer profit de ces plateformes en affichant des dates clés liées aux personnes présentant des incapacités et en partageant des publications sur l’engagement communautaire (ex : des jeux-quizz pour lutter contre la désinformation et les mythes liés aux personnes présentant des incapacités). Toutes les communications publiques du projet MAP de l’Université SF respectent les lignes directrices du W3C sur l’accessibilité des contenus Web (WCAG, de l’anglais : « Web, Content, Accessibility, Guidelines »), pour veiller à ce que toutes les communications sur les réseaux sociaux soient conçues et diffusées en tenant compte de l’inclusion et de l’accessibilité. Cela comprend des lignes directrices particulières du SNS sur les légendes d’images descriptives (c.-à-d. les meilleures polices et la phraséologie pour les lecteurs ayant une vision restreinte), des sous-titres vidéo en direct pour les malentendants et un graphisme visuel inclusif (c.-à-d. des contrastes de couleur d’au moins 4,5:1). Les intervenants du projet MAP et les partenaires communautaires incluent des personnes ayant vécu une expérience de déficience sensorielle. Par conséquent, il est impératif que tous les efforts du SNS respectent rigoureusement ces lignes directrices afin de minimiser les obstacles communautaires et de veiller à ce que tous les membres de nos réseaux SNS demeurent informés et aient accès à des renseignements à jour sur les projets.

Atiya Mahmood, Eireann O’Dea, Catherine Bigonnesse, Delphine Labbe, Tanveer Mahal, Muhammad Qureshi & W. Ben Mortenson (2020) Stakeholders Walkability/Wheelability Audit in Neighbourhoods (SWAN): user-led audit and photographic documentation in Canada, Disability & Society, 35:6, 902-925, DOI: 10.1080/09687599.2019.1649127

Morris, Stuart P. and Statistics Canada. The Dynamics of Disability: Progressive, Recurrent or Fluctuating Limitations. Open WorldCat, http://epe.lac-bac.gc.ca/100/201/301/weekly_acquisitions_list-ef/2019/19-49/publications.gc.ca/collections/collection_2019/statcan/89-654-x2019002-eng.pdf.

Sarah Gambo, Bahire Ofe Özad, The demographics of computer-mediated communication: A review of social media demographic trends among social networking site giants, Computers in Human Behavior Reports, Volume 2, 2020, 100016, ISSN 2451-9588. DOI: https://doi.org/10.1016/j.chbr.2020.100016.

Statistics Canada (2012). Table 13-10-0345-01 Adults with disabilities DOI: https://doi.org/10.25318/1310034501-eng

Statistics Canada (2017). Canadian Survey on Disability.

Thomas, V. L., Chavez, M., Browne, E. N., & Minnis, A. M. (2020). Instagram as a tool for study engagement and community building among adolescents: A social media pilot study. Digital health, 6, 2055207620904548. https://doi.org/10.1177/2055207620904548

Yunis Ali Ahmed, Mohammad Nazir Ahmad, Norasnita Ahmad, Nor Hidayati Zakaria, Social media for knowledge sharing: A systematic literature review, Telematics and Informatics, Volume 37, 2019, Pages 72-112, ISSN 0736-5853, DOI: https://doi.org/10.1016/j.tele.2018.01.015.

Forum interactif des parties prenantes

13 juin 2022
Aislynn Sharrock, Farinaz Riktehgaran, et Diana Juanita Mora

L’objectif du projet SWAN (Stakeholder’s Walkability/Wheelability Audit in Neighbourhoods), un sous-projet de MAP, est d’établir un lien avec les membres de la communauté afin de pouvoir évaluer l’accessibilité des rues selon la perspective des personnes vivant avec différentes incapacités (ex. : sensorielle, cognitive). En utilisant une approche engagée envers la communauté, qui se définit comme un « ensemble de pratiques, valeurs et objectifs qui met l’accent sur la participation active des communautés et individus directement affectés par les activités de recherche », notre équipe travaille à entrer en contact, collaborer et établir un lien de confiance avec les membres de la communauté à travers ses différentes activités de recherche. Conformément à cette approche, notre équipe s’est réunie pour planifier et animer un forum hybride interactif pour ineco-identifier des zones de collecte de données avec les partenaires et parties prenantes de la communauté, tout en planifiant leur engagement dans les phases subséquentes de notre projet. Ce faisant, nous avons offert l’opportunité aux parties prenantes de la communauté de s’impliquer davantage dans la conception et la structure de notre projet de recherche. Le fait d’appliquer une approche engagée envers la communauté nous permet d’élever la voix des personnes vivant avec des incapacités et de construire des espaces urbains leur étant plus accessibles.

Afin d’assurer le succès de cet événement, la planification et la préparation ont commencé plusieurs mois à l’avance! L’organisation de cet événement a nécessité les efforts de tous les membres de l’équipe et la contribution de plusieurs parties prenantes de la communauté, comme nos partenaires municipaux. Par exemple, lors de la préparation de l’événement, nous avons réalisé une révision des politiques d’accessibilité et des politiques municipales urbaines, en sélectionnant des aires potentielles de collecte de données dans des bases de données en libre accès (ex. : accidents piétonniers, utilisation de l’espace, centres de transport). Ce faisant, nous avons produit et superposé des données du GIS (Système d’Information Géographique), en visitant tous nos sites de collecte de données potentiels. Finalement, nous avons révisé nos plans avec nos partenaires municipaux pour bénéficier de leur expertise.

L’événement s’est déroulé le 4 mars 2022 et a débuté avec une présentation de Rebecca Mahaffey, une ancienne partenaire municipale de la Ville de Burnaby, et de Janette McIntosh, une partenaire communautaire de « Better Environmentally Sound Transportation », qui ont parlé des succès antérieurs de l’utilisation de l’outil SWAN dans la communauté. Cela nous a permis de souligner les améliorations observées dans les environnements urbains de la communauté qui ont été possibles grâce à l’application de l’outil SWAN. Cela a également donné aux participants de l’événement une vue d’ensemble du partenariat avec le Département de Gérontologie. Avec un total de 40 participants, les membres de notre équipe ont animé 6 salles hybrides de discussion et de forums, lesquels se sont concentrés sur les aires prioritaires de collecte de données en explorant le savoir, les opinions et les expériences de tous les participants concernant les intersections pré-identifiées. Cette partie de l’événement a adopté une composante interactive en utilisant des éléments visuels, tels que des photos récentes des intersections en question et la plateforme Google Jamboards. Les sessions d’échanges ont révélé des informations importantes concernant les défis que les personnes rencontrent dans ces endroits et cela a aidé notre équipe à cibler les intersections où nos collectes de données seraient faisables. Nous avons terminé l’événement en demandant aux participants quelles seraient les barrières que nos partenaires municipaux pourraient rencontrer en essayant d’améliorer l’accessibilité de ces zones, et comment ils voudraient être impliqués dans le projet SWAN à l’avenir.

Les résultats de nos discussions avec les participants ont montré que les intersections priorisées dans le « Lower Mainland » ont plusieurs problématiques en commun. Par exemple, nos intervenants ont abordé le sujet du temps insuffisant pour traverser de façon sécuritaire des grands passages piétonniers par des piétons de tous âges et de toutes habiletés. De plus, ils ont mentionné l’ambiguïté entre les espaces routiers réservés aux véhicules, aux cyclistes et aux piétons, lié à un manque d’indications pour séparer convenablement ces espaces routiers communs. Il y aurait également un manque d’informations directionnelles pour les piétons ayant des incapacités sensorielles. Le dernier point évoqué lors de ces discussions était qu’une forte densité de circulation automobile, la population piétonne et les diverses constructions peuvent créer un haut niveau de bruit, augmentant la difficulté d’entendre des signaux auditifs. Ces points sont seulement ceux qui ont été soulignés par nos participants comme étant ceux qui ont le plus d’influence sur l’expérience des personnes vivant avec des incapacités dans l’accessibilité à leur communauté.

Ensuite, les participants ont discuté des différents défis liés à l’amélioration de l’accessibilité de ces secteurs. Les défis principaux incluent l’équilibre entre les besoins des utilisateurs de véhicules et de ceux des piétons. Pour engendrer des changements considérables dans nos intersections, favorisant les déplacements à pied et avec un dispositif à roues, il est nécessaire de considérer les impacts sur la circulation, de même que sur l’éducation des conducteurs à ralentir, donner le droit de passage et être patients avec les piétons. Il est également nécessaire de trouver des façons créatives de travailler avec des développeurs et des propriétaires de propriétés privés pour avoir une approche cohérente permettant de rendre les trottoirs et les intersections plus sécuritaires et accessibles. D’autres considérations, comme comprendre comment ces changements peuvent avoir un impact sur les entreprises voisines, travailler avec les budgets annuels des villes et les barrières logistiques à l’implantation de changements seront des défis à prendre en compte lors de l’amélioration de l’accessibilité de ces endroits.

Après l’événement, notre équipe a compilé les éléments clés des discussions pour en rédiger un résumé et l’envoyer à tous les participants, en incluant un court sondage pour avoir des rétroactions sur l’événement et pour connaitre les intentions des participants à s’impliquer au projet dans le futur. Cet événement nous a permis de renforcer les liens avec nos partenaires, tout en co-identifiant des secteurs de collecte de données. Le court sondage nous a permis de connaitre les aspects du projet dans lesquels nos participants voudraient être impliqués dans le futur. Les réponses ont montré que plusieurs des parties prenantes du projet voudraient être impliquées dans l’implantation de projets et programmes d’interventions et dans des groupes de discussion municipaux. Nos efforts toujours dirigés à maintenir un engagement de la part de la communauté, ces réponses nous permettront de mieux diriger les conversations futures avec nos partenaires dans l’établissement de nos collaborations avec eux. À la suite de cet événement, notre équipe s’est réunie et a peaufiné l’outil de collecte de données, ainsi que les séances de formation à son utilisation. Nous avons débuté le recrutement de participants et la collecte de données depuis mi-mai. L’équipe de recherche SWAN aimerait organiser d’autres événements de mobilisation des connaissances dans le futur afin de sensibiliser, de disséminer les résultats de nos recherches et impliquer activement la communauté dans la recherche sur l’accessibilité des espaces urbains publics pour les personnes vivant avec des incapacités.

La pandémie met en évidence l’importance que les quartiers soient accessibles à la marche et aux personnes à mobilité réduite

Les membres de l’équipe de recherche MAP de l’Université Simon Fraser ont publié un article dans The Conversation sur la COVID-19 et les quartiers accessibles à pied et sur roues. Lisez l’histoire ci-dessous: Anglais : https://theconversation.com/the-pandemic-highlights-the-importance-of-walkable-and-wheelable-neighbourhoods-165204

https://theconversation.com/the-pandemic-highlights-the-importance-of-walkable-and-wheelable-neighbourhoods-165204

Podcast Inclusive MAP

Le partenariat MAP (Mobilité, Accès et Participation) vous accueille à Inclusive MAP, un podcast portant sur ses domaines d’intérêt, ses projets, ses objectifs et les communautés avec lesquelles il collabore. Vous trouverez ici des épisodes explorant des sujets liés à l’équipe du projet MAP — les chercheurs, les partenaires municipaux et communautaires et les membres de la collectivité — et nos domaines d’intérêt — l’accessibilité sociale, l’accessibilité des transports et les déplacements dans l’environnement bâti et piétonnier — disponibles en anglais et en français. Organisé par des étudiants et des anciens adjoints de recherche de l’Université de la Colombie-Britannique, de l’Université Simon Fraser et de l’Université Laval, Inclusive MAP vous invite à faire un examen approfondi des laboratoires, de nos collectivités, de ce que nous avons appris, et des personnalités derrière la recherche.

Podcast bientôt disponible!